La Réserve mondiale des paysages conserve les portions d’espace que l’on voit. Elle s’étend progressivement, englobant les photographies prises à hauteur d’homme, de femme, d’enfant. Ce qui est capté, c’est la réalité sans augmentation, et toute la réalité y compris celle des simples citoyens.
Un jeune projet en pleine expansion
Depuis 2022, Panoramax accueille les photographies prises depuis l’espace public. Écart par rapport à la réalité : les visages et les plaques minéralogiques sont floutés pour respecter le RGPD.
L’objectif phare : proposer une alternative libre pour photo-cartographier les territoires. Les premiers usages sont routiers, pour vérifier l’état de la voirie, le mobilier urbain, les réseaux, et gagnent les campagnes… il y a bien une utilité marchande qui justifie le lancement d’un programme soutenu par l’État français*, utilité réaffirmée au vu de l’inflation du nombre de photographies déposées. Elles sont librement utilisables, y compris dans des outils avancés (SIG par exemple).
La cité des paysages
« Je dépose une photo, elle te servira, je peux me servir d’une des tiennes »
Il y a aussi une dimension humaine, elle n’a pas de prix. Les autorités de tous ordres capturent des paysages et les déposent dans Panoramax, collectivités, entreprises, services de l’État pour les besoins de la connaissance du territoire. Mais il y a aussi vous et moi. Et nos clichés ont tout autant droit de cité, sur l’instance d’OpenStreetMap (France et monde) comme sur l’instance de l’IGN (France).
Paysages du réel
Se promener dans Panoramax, c’est se promener dans la nature en suivant le trajet qu’emprunte un piéton, un cycliste, une voiture, un bateau. Panoramax est un kaleïdoscope, photo parfois floue prise sous la pluie sur le casque d’un cycliste, ou inondée de soleil captée sur le toit d’une voiture, en pleine nature depuis le sac à dos d’un randonneur, voire enregistrée par le téléphone portable d’un voyageur du Danemark jusqu’au sud-ouest de la France**. Juste la réalité mais toute la réalité. Au quidam qui voudra visualiser un type particulier de photographies, il appartient d’utiliser les filtres, ou de préciser le nom d’un contributeur, une date, un type de photo (360° ou pas), et/ou même un score de qualité qui renvoie en grande partie à la précision de la géolocalisation.
L’effet paysage
Pendant mes études, j’ai tenté de cerner un « effet paysage », sous l’angle de l’identité. L’effet paysage dont je parle aujourd’hui, c’est du ressenti. Hier, j’avais le sentiment de faire une bonne œuvre en prenant ma pause déjeuner dans les collines du Béarn, caméra fixée au toit de la voiture. En quelques dizaines de minutes, j’ai embrassé les paysages, les ai emportés pour les partager avec tous. J’ai vu les bornes à incendie autrement, en pensant qu’Adrien au SDIS pourrait intégrer les visuels dans son SIG. C’est très différent de ce que l’on éprouve tout seul face à une belle vue, rien à voir avec un paysage starisé sur les réseaux sociaux.
De fil en aiguille, ma conception de Panoramax a changé de dimension. C’est très certainement la Réserve mondiale des paysages, à protéger à l’heure des fausses images. Pas de fausse couleur, pas de suppression d’objet, pas d’ajout de pictogrammes, etc.
Pour aller plus loin :
Hier, ma pause déjeuner a commencé ici, mais rendez-vous sur Panoramax pour vous promener et pour déposer vos clichés.
*Soutenu par l’État français : une startup d’État, c’est à dire un type de programme qui est destiné à se pérenniser sous une autre forme.
**Ou cliché pluvieux en voiture et plein soleil à vélo, etc. Tout existe, mais la phrase aurait été fort longue.
Sophie Clairet, le 2 avril 2025