Sur l’herbe, propos d’un « étranger »

Un petit garçon d’environ 5 ans, sur le parvis du quartier de la Défense le 14 juillet. Il se tient sur le béton et regarde juste devant lui avec grande attention.
Le petit garçon : « Dis-maman, est ce que c’est de la vraie herbe ? »
Un adulte près de lui : « Mais oui bien sûr ! Tu le vois bien ! »

La fabrique des images

Il s’agit bien d’une vraie herbe verte, les composants naturels y sont.
Le paysage, portion de l’espace représentée, est en revanche plus complexe. La réalité de cette herbe vue d’un point guère plus élevé que celui retenu par le photographe de ce cliché, n’est pas évidente puisqu’un spectateur pose la question d’en connaître la nature. Un mètre plus haut, l’adulte, frappé d’évidence, ne se pose pas la question, la composition a fonctionné comme élément homogène d’un décor.

La fabrication des paysages intègre non seulement les éléments relatifs au positionnement de la focale mais le substrat culturel. Les questions formulées par des regards « étrangers » à un système de valeurs prévu ne sont pas ridicules ni déplacées, elles offrent l’opportunité de prendre conscience d’un mécanisme, de le démonter pour le comprendre, voire pour l’améliorer – autant sur le plan du marketing que sur celui du territoire « réel ».

Sophie Clairet

Image du haut : Extrait d’une image présentée en page d’accueil sur le site de Defacto le 14 juillet 2012.

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