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Verger d’oliviers, Alpes-de-Haute-Provence, le 7 mai 2013. Cliché Sophie Clairet

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En guise de bons vœux pour la nouvelle année

Le platane vénérable de Lamanon. Cliché par Sophie Clairet, le 1er janvier 2013

Image d’un monument naturel de caractère artistique, classé depuis 1918. « On le surnomme « Le géant de Provence ». En langue provençale, nous l’appelons « la grosso platano ». Son âge exact, on ne le connait pas. La personne qui l’a planté n’a pas laissé de traces écrites, elle ne se doutait pas qu’il allait devenir célèbre. » (Site Internet de la mairie de Lamanon)

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Politique, marketing et paysage musical au pays de la création du monde (Islande)

Ile volcanique située sur le rift médio-atlantique, l’Islande combine le feu, l’eau, l’air, la terre, la glace. Prolongeant le gulf-stream, la dérive nord-atlantique vient réchauffer ses côtes. Ce point chaud du monde tout à fait spécial nourrit des représentations qui se croisent sur Internet pour le plus grand plaisir des yeux et des oreilles et le plus grand bénéfice de nombreuses activités.

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Arctique : projets de câbles et desseins géopolitiques

À la fin de la période estivale arctique, les médias relaient un retrait historique des glaces. Cette année, il est question d’un plancher de 3,41 millions de km2 (contre 4,17 millions de km2 pour le précédent record en 2007). Dans le même temps, la glace s’étend en Antarctique, avec un maximum de 17,44 millions de km2 — jamais enregistré jusqu’à présent, mais de cela il est peu question dans la presse. En 2009, des chercheurs faisaient état d’une hausse de l’ordre de 10 000 km2 par décade (1).
Cette polarisation arctique fait sens. Elle accompagne un changement de regard et de réalité dont voici quelques nouveaux éléments sur la base des projets de câbles sous-marins dans la région.

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Mireille Delmas-Marty, regard d’une juriste

Morceaux choisis de l’intervention de Mireille Delmas-Marty, juriste, professeure au Collège de France, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, et présidente du FIG 2012 à l’inauguration du Festival le 11 octobre.

Comment saisir la relation entre droit et géographie ?

Par le climat?
Pascal a écrit « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ». Montesquieu montre également la relation entre les lois et le climat.
Or depuis la problématique du réchauffement climatique, la variabilité des lois selon le climat a laissé place à l’universalisme d’une gouvernance mondiale qui postule l’inverse. C’est au droit d’influencer désormais le climat ! Mais réécrire Pascal et Montesquieu, voilà un pari risqué.

Par le territoire?
Une ancienne carte de la CIA (WorldFactbook) montrait le monde en trois couleurs. En gris les pays de Common law (tradition anglo-saxonne), en noir ceux du droit romano-germanique et en blanc tout le reste.
Cette approche présente une difficulté, car le monde a considérablement changé avec l’expansion de phénomènes qui dépassent le territoire : extra-territorialité, trans-territorialité (avec Internet par exemple), multi-territorialité.
Le cas de la Turquie est particulièrement intéressant, entre plusieurs mondes géographiques et juridiques. Ce pays est membre du Conseil de l’Europe, un juge turc siège ainsi au conseil des droits de l’Homme. Il est également membre fondateur en 1977 avec l’Iran et le Pakistan de l’ECO (Organisation de Coopération économique) — organisation de coopération économique et de lutte contre certains trafics, qui s’est élargie à 11 États. À terme, cette multi-territorialité pourrait poser des conflits, par exemple si ECO impose une extradition, puisque le Conseil de l’Europe interdit d’extrader des personnes vers des pays pratiquant la peine de mort comme l’Iran.
En augmentant en complexité, l’internationalisation du Droit contribue au pluralisme, mais perd en cohérence. Il s’agit de la tragédie des trois C : lorsqu’un système dépasse un certain niveau de Complexité, il ne peut être à la fois Cohérent et Complet.

Par le paysage?
Le juriste serait-il paysagiste ? Il se veut constructeur, plutôt architecte, il pose des fondations, des piliers.
Or ces pratiques se sont transformées avec la mondialisation du Droit. Celle-ci conduit à une suppression des bornes (frontières transgressées, neutralisées), à une diversification des sources (superposition de sources non-étatiques) et à la modification des formes (pas de hiérarchie stricte, mais subsidiarité, complémentarité, un mouvement de va-et-vient, car les États acceptent mal la perte de leur souveraineté).

Pour ces raisons, le paysage juridique mondial est en expansion et en mouvement. On est bien loin de la pyramide et de l’architecte ! Il ne s’agit pas non plus de réseaux ni de rhizome, ces termes ne décrivent pas l’instabilité. Il s’agit d’un nuage ordonné, dès que le dessin est terminé, les contours ont déjà changé. Se pose la question du vent, du souffle qui donne la direction…

Intérêt pour geosophie.eu

Rapprocher droit et paysage, ou droit et géographie relève de l’exercice de rhétorique où le conférencier joue avec les mots et l’auditoire se garde bien de demander des éclaircissements. Mais au fond, peu importe, car ce jeu de l’esprit apporte au passage des éclairages rafraichissants comme cette idée que le postulat de la variabilité des lois selon le climat a laissé la place à l’inverse (le droit influence le climat). Notre rapport au monde, notre manière de le penser dépasse de très loin le petit jardin des géographes et c’est une promesse d’avenir.

Notes de Sophie Clairet

Image du haut : Mireille Delmas-Marty (image Wikipedia)

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Tunisie, le tourisme recycle encore les valeurs « sûres »…

Affichées dans le RER parisien en série, les images de l’office de tourisme tunisien montrent le Lézard Rouge et le colisée d’El-Jem surmontés d’une invitation « Tunisie tous les rêves possibles ». Ces deux paysages appellent au rêve sur des dizaines de mètres de long.

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Chicago, capitale numérique ?

Ce cliché montre le bâtiment qui abrite « 350 East Cermak Rd Data Center », l’un des plus gros datacentres du monde, 102 000 m2. (350 East Cermak Rd Data Center à Chicago. Cliché par reallyboring sur flickr.) Le même bâtiment abrite le Chicago Mercantile Exchange (CME Group), l’Intercontinental Exchange (ICE), Equinix, Fidelity Investments, British Petroleum (BP), CenturyLink (Qwest et Savvis), Colombie-Telecom (BT), T-Systems, etc (1).

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FIG : les paysages et la Turquie au programme

La 23e édition a été présentée officiellement à la presse le 20 septembre au Centre National du Livre, qui soutient activement la manifestation.

Le Festival International de Géographie en quelques mots :
50 000 visiteurs
Des débats, des concerts, des entretiens, des films
250 à 300 conférences/débats
Un salon de la géomatique
Un salon du livre
Un salon de la gastronomie
4 prix décernés
20 sites dans la ville (Saint-Dié : 22 000 habitants)
Gratuité intégrale des activités
Budget : 500 000 euros

Sur la thématique « Les facettes du paysage. Nature, culture, économie »

De l’avis du président de l’ADFIG, Jean-Robert Pitte, « un jour où l’autre, la géographie disparaîtra des programmes de l’enseignement secondaire si elle ne passionne pas davantage. Le paysage ne fait pas partie du programme alors qu’il s’agit d’un élément-clé de compréhension, notamment parce que les médias nous offrent des paysages ».

Parmi les clés de lecture :
L’ambition de cette édition est de faire redécouvrir un élément central de l’analyse géographique, tellement évident qu’il en a été vidé : le paysage. Encore faut-il le définir, ce que chacun évite soigneusement de faire. Le paysage n’est pas l’espace, l’espace est étendue physique, le paysage intègre sa perception – et par là même se partage entre architectes, sociologues, aménageurs, psychologues, ethnologues, etc. Objet « impur » à la croisée des chemins, il n’a pas fait le miel des dérives scientistes de la discipline. il semblerait qu’il renaisse de ses cendres…
Le programme du FIG intègre les différents volets, il est question des modifications des paysages comme des « écrans dans le paysage » ou de la valeur des paysages – des éditeurs de jeux-vidéos, des acteurs de la téléphonie et de la géolocalisation seront également présents.

Sur le pays invité : la Turquie

Le choix du pays invité remonte à octobre 2011, il n’a aucun rapport avec l’actualité brûlante qui s’invite cependant et ne sera pas éludée. Et quand bien même les intervenants éviteraient les questions délicates, le public dans la salle se chargera de poser des questions. Selon Christian Pierret, président fondateur, « Beaucoup de préjugés vont se contredire, c’est notre façon d’être objectifs ».
Avec plus d’une trentaine de géographes turcs présents, provenant notamment de l’université d’Izmir, sans compter les personnes issues des diasporas – et reflets de la mosaïque turque, kurde, alévi –, le FIG devrait offrir une grande variété de regards. Stéphane de Tapia, conseiller technique du FIG sur cette question, ajoute que la politique turque « zéro problème avec tous les voisins » s’est transformée en « plein de problèmes avec tous les voisins ». Il précise que l’objectif est d’en parler de manière dépassionnée, en s’adressant à tous, avec une exigence scientifique.

Parmi les clés de lecture
Le public doit savoir choisir le lieu, l’heure et les intervenants… Sur les questions sensibles, le FIG est une aventure qui se joue en divers lieux, c’est l’ensemble du puzzle qui fait sens. Par un curieux déterminisme géographique, il est évident que le café géographique intime ou la conférence débat dans une salle de plusieurs centaines de places ne permettent pas d’aborder les questions de la même manière – ni la même participation du public. Mieux vaut donc bien déchiffrer le programme et varier les lieux et les intervenants.

Sophie Clairet

Image du haut : Extrait de l’affiche du Festival International de Géographie

Pour aller plus loin programmation et informations :
Site du FIG

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Sur l’herbe, propos d’un « étranger »

Un petit garçon d’environ 5 ans, sur le parvis du quartier de la Défense le 14 juillet. Il se tient sur le béton et regarde juste devant lui avec grande attention.
Le petit garçon : « Dis-maman, est ce que c’est de la vraie herbe ? »
Un adulte près de lui : « Mais oui bien sûr ! Tu le vois bien ! »

La fabrique des images

Il s’agit bien d’une vraie herbe verte, les composants naturels y sont.
Le paysage, portion de l’espace représentée, est en revanche plus complexe. La réalité de cette herbe vue d’un point guère plus élevé que celui retenu par le photographe de ce cliché, n’est pas évidente puisqu’un spectateur pose la question d’en connaître la nature. Un mètre plus haut, l’adulte, frappé d’évidence, ne se pose pas la question, la composition a fonctionné comme élément homogène d’un décor.

La fabrication des paysages intègre non seulement les éléments relatifs au positionnement de la focale mais le substrat culturel. Les questions formulées par des regards « étrangers » à un système de valeurs prévu ne sont pas ridicules ni déplacées, elles offrent l’opportunité de prendre conscience d’un mécanisme, de le démonter pour le comprendre, voire pour l’améliorer – autant sur le plan du marketing que sur celui du territoire « réel ».

Sophie Clairet

Image du haut : Extrait d’une image présentée en page d’accueil sur le site de Defacto le 14 juillet 2012.